12 novembre 2025

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L’article 418 du Code civil du Québec (CCQ) constitue un pilier essentiel dans la détermination et la répartition des droits patrimoniaux des époux en cas de divorce ou de dissolution de l’union civile. Quelles sont les règles relatives aux déductions applicables sur la valeur nette du patrimoine familial? Pour le comprendre, il faut analyser les différentes facettes de ces déductions, en mettant en lumière les situations visées par l’article 418 du CCQ.  

Comment déterminer la valeur nette du patrimoine familial  

Avant d’aborder les déductions spécifiées par l’article 418 du CCQ, il est impératif de comprendre comment se calcule la valeur nette du patrimoine familial. En effet, il faut comprendre que le patrimoine familial englobe plusieurs biens prévus par l’article 415 du CCQ.  

Parmi ces biens se trouvent notamment :   

  • les résidences familiales, 
  • les meubles qui servent à l’usage du ménage, 
  • les véhicules utilisés pour les déplacements de la famille.   

De plus, l’article 417 du CCQ prévoit que la détermination de la valeur nette du patrimoine familial repose sur l’évaluation des biens le constituant. À cela, il faut soustraire les dettes contractées pour leur acquisition, amélioration, entretien, ou conservation à la date du décès de l’époux ou à la date d’introduction de l’instance traitant de la séparation de corps, du divorce, ou de la nullité du mariage, selon la situation. Il est important de noter que cette évaluation se fait en tenant compte de la valeur marchande des biens concernés. Une fois la valeur nette du patrimoine familial établie, l’article 418 du CCQ oriente le processus de déduction.  

Déduction relative aux biens possédés au moment du mariage  

L’article 418 al.1 du CCQ prévoit que la valeur nette du bien qu’un époux possédait au moment du mariage, et qui fait partie du patrimoine familial, doit être déduite de la valeur nette totale. De plus, l’article 418 al.2 du CCQ prévoit qu’il faut aussi déduire la plus-value acquise par le bien durant le mariage, et ce, « dans la même proportion que celle qui existait, au moment de l’apport, entre la valeur de l’apport et la valeur brute du bien ».  

Déductions relatives à l’apport effectué durant le mariage  

Lorsqu’un époux réalise un apport pendant le mariage pour l’acquisition ou l’amélioration d’un bien du patrimoine familial, l’article 418 du CCQ prévoit également des déductions. Ces déductions s’appliquent lorsque « cet apport a été fait à même les biens échus par succession ou donation, ou leur remploi ». De plus, l’article 418 al.2 du CCQ prévoit qu’il faut aussi déduire de la valeur nette du patrimoine la plus-value acquise, et ce, depuis l’apport.   

La plus-value générée depuis l’apport doit être calculée proportionnellement à la relation existante, au moment de l’apport, entre la valeur initiale de l’apport et la valeur brute totale du bien concerné. En d’autres termes, cette démarche permet de déterminer équitablement la croissance de la valeur du bien en fonction de la contribution financière initiale de l’époux au moment de l’apport.  

Limites et erreurs courantes  

Quelques erreurs sont fréquemment observées lors de l’interprétation de l’article 

  • Des déductions limitées à la valeur réelle au moment du mariage ou de la réception.  
  • L’impossibilité de déduire des sommes non documentées ou non traçables.  
  • Les plus-values générées pendant le mariage sont partagées également.  
  • Biens exclus du patrimoine familial (chalets, immeubles locatifs) : pas de déductions applicables  

Quelques conseils pour maximiser vos droits  

Pour tirer le meilleur parti de votre dossier, voici quelques suggestions: 

  • Conservez tous les documents prouvant l’acquisition des biens avant le mariage. 
  • Documentez minutieusement l’utilisation de fonds propres (héritages, donations). 
  • Obtenez des évaluations professionnelles de la valeur de certains biens au moment du mariage, si nécessaire. 
  • Maintenez des comptes bancaires séparés pour faciliter la traçabilité. 
  • Consultez un notaire ou avocat dès le début de la procédure de séparation.  
  • Privilégiez la négociation et la médiation pour éviter les coûts judiciaires élevés. 

En résumé  

  • Puis-je déduire la valeur d’une résidence achetée avant le mariage?   

Oui, une résidence achetée avant le mariage peut être déduite à sa valeur initiale.    

  • Comment prouver que j’ai utilisé un héritage pour acquérir un bien du patrimoine familial?   

Il faut conserver les preuves et documenter le plus possible les paiements faits pour les biens du patrimoine familial.    

  • Les rénovations faites avec mes fonds propres peuvent-elles être déduites?   

Oui, si vous avez documenté l’origine des fonds.   

  • Que se passe-t-il si je n’ai pas conservé les preuves de mes déductions?   

C’est une des erreurs les plus courantes avec le mélange des fronts propres et communs.   

  • Comment contester une déduction réclamée par mon ex-conjoint?   

En cas de désaccord sur la valeur des biens ou la traçabilité des fonds, les recours suivants sont possibles : une médiation familiale, une expertise indépendante et enfin une procédure judiciaire. Il est important d’agir rapidement pour éviter toute prescription. Dans le cas d’une contestation judiciaire, bien évaluer le coût-bénéfice avant de vous lancer dans une telle procédure.    

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