19 mars 2026

Partager cet article

Au Québec, la pension alimentaire pour enfants est un soutien financier essentiel visant à répondre aux besoins des enfants après une séparation ou un divorce. Qu’il s’agisse de déterminer sa valeur, de comprendre ses obligations légales ou de savoir comment la recalculer, il est important de bien comprendre les subtilités.  

Demander une pension alimentaire 

Lorsque deux personnes ont des enfants ensemble et qu’ils décident de mettre un terme à leur union, il est important de savoir que la fin de cette union engendrera des effets juridiques. Un de ces effets est la pension alimentaire pour enfants. La pension alimentaire se définit comme : « Un montant d’argent payé par un des parents pour subvenir aux besoins de leurs enfants à la suite de leur séparation » (Éducaloi).   

Modalités de la pension alimentaire  

Ainsi, lorsqu’il y a divorce ou séparation, il faudra d’abord déterminer les modalités relatives au temps parental des enfants. En effet, le temps parental a un impact important sur le montant de la pension alimentaire et sur la personne qui devra débourser celle-ci. Ainsi, à titre d’exemple, si un des parents exerce la garde exclusive des enfants, c’est le parent non-gardien qui devra payer une pension alimentaire.   

Cette règle s’applique même si le parent qui n’a pas la garde a un revenu moins élevé que celui qui a la garde. La pension alimentaire peut aussi être exigée lorsque la garde des enfants est partagée. Dans ce cas-ci, c’est effectivement le parent qui a le plus haut salaire qui doit habituellement verser une pension au parent avec un salaire plus bas pour s’assurer que les besoins des enfants soient comblés également dans les deux foyers. De ce fait, c’est la loi qui exige que les parents contribuent aux besoins de leurs enfants activement et de manière équitable.  

Les démarches pour obtenir ou modifier une pension 

Concernant la fin du versement d’une pension alimentaire pour enfant, il y a certains critères à remplir. La majorité des décisions sont prises au cas par cas. Tout d’abord, pour mettre fin à la pension alimentaire, il faut que votre enfant soit majeur et qu’il soit autonome financièrement pour ne plus être considéré à charge.  

De plus, la scolarité et l’état de santé de l’enfant ont parfois un impact sur les motifs d’annulation. Certains peuvent croire que dès que l’enfant atteint la majorité, la pension alimentaire cesse. Or, ce n’est malheureusement pas le cas. En effet, il faudra obtenir un nouveau jugement si l’on désire annuler la pension. Il est aussi toujours possible de convenir d’une entente à l’amiable si l’autre parent est d’accord et l’enfant majeur aussi. À noter que dans certains cas, le versement de la pension alimentaire peut être rétroactif.  

Demander une pension alimentaire 

Au Québec et au Canada, la loi prévoit des modalités concernant le calcul des pensions alimentaires. En effet, il existe donc deux régimes distincts de calcul pour les pensions, soit les tables provinciales et les tables fédérales.  

Ainsi, il existe des « lignes directrices » mises en place par le gouvernement et qui sont définies pour chaque province. Si le modèle québécois est l’objet du présent texte, il reste important de savoir que les modalités peuvent changer si l’un ou l’autre des parents n’est pas résident du Québec.  

De ce fait, « Le modèle québécois se fonde sur les revenus des deux parents et établit par la suite une contribution parentale de base en proportion de leurs revenus et selon le type de garde auquel seront assujettis les enfants ».  

Conseil : Pour calculer votre pension alimentaire efficacement, il est préférable de se tourner vers un avocat spécialisé en pension alimentaire, qui sera à même de vous aiguiller de la meilleure des façons.  

Comment calculer la pension alimentaire ?  

Pour faire le calcul, il faut tout d’abord établir le revenu annuel brut de chacun des parents en y appliquant certaines déductions.   

Ainsi, une fois le revenu disponible de chacun des parents établi, il sera possible de se fier aux lignes directrices et aux tableaux fournis par le gouvernement. Il faudra aussi établir le nombre d’enfants à charge, car cela a un impact sur le montant de la pension alimentaire.  

Une fois ce calcul fait, il se peut que des dépenses spécifiques s’ajoutent à la contribution parentale de base à laquelle les parents devront contribuer. Par exemple, les frais pour les études postsecondaires, les frais de garde, etc. De plus, le Code civil du Québec détermine que les parents ont l’obligation de s’échanger mutuellement et à chaque année les renseignements financiers concernant l’état de leurs revenus.  

Finalement, il faut toujours prendre en considération que le Tribunal a un pouvoir discrétionnaire quant à l’établissement de la pension alimentaire pour enfants. Cependant, il existe un postulat de base qui exprime qu’en théorie, la pension alimentaire versée par l’un des parents ne devrait pas être supérieure à la moitié de ses revenus disponibles.  

La pension alimentaire pour l’enfant majeur  

Le versement d’une pension alimentaire pour un enfant ne prend pas nécessairement fin lorsqu’il atteint sa majorité. En effet, il est possible qu’il soit exigé à l’un des parents de continuer à payer une pension lorsque l’enfant majeur n’est pas autonome et n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins complètement.  

Étant donné que le droit à une pension alimentaire est un droit reconnu par le législateur québécois, il serait même possible que votre enfant majeur réclame le paiement d’une pension alimentaire s’il a des motifs raisonnables de l’exiger.  

Ainsi, un enfant majeur poursuivant des études à temps plein, par exemple, serait toujours considéré comme à charge, de sorte que la pension alimentaire serait toujours due, même à la majorité de l’enfant. À titre d’exemple, si l’enfant occupe un emploi à temps plein, il est possible qu’il ne soit plus considéré à charge ou que ses revenus soient considérés dans le calcul de la pension alimentaire pour enfant. 

Comment annuler la pension alimentaire d’un enfant majeur? 

Afin d’annuler une pension alimentaire d’un enfant majeur prévue dans un jugement, le parent débiteur doit normalement entreprendre une demande en justice. Cependant, si l’autre parent est en accord pour mettre fin ou réduire les paiements de la pension alimentaire, il est possible de parvenir à un accord à l’amiable afin de simplifier les procédures. Il est crucial que cette entente soit ensuite entérinée par le tribunal. Il est important de souligner que, quel que soit l’accord conclu entre les parents, l’enfant majeur doit avoir l’opportunité de prendre position quant à l’arrêt ou à la réduction de la pension. En effet, sa participation active dans les démarches et son consentement sont obligatoires avant d’entamer toute procédure à l’amiable en la matière. 

Depuis janvier 2016, le Code de procédure civile impose de considérer les modes de préventions et de règlements des différends avant de recourir au processus judicaire. Dans le contexte familial, la médiation se révèle être une solution efficace pour aider les parents à parvenir à un accord en vue de modifier ou annuler une pension alimentaire. Cependant, si la médiation s’avère un échec, il sera possible de s’adresser aux tribunaux. 

La pension alimentaire est-elle imposable ou déductible d’impôt ? 

Plusieurs se posent souvent la question à savoir si le montant versé en pension alimentaire pour les enfants est imposable. Selon l’ancien régime, il est vrai que le parent qui recevait la pension alimentaire devait ajouter ce montant à l’ensemble de ces revenus annuels. Ainsi, ce montant était imposable.  

Cependant, depuis le 1ᵉʳ mai 1997, le nouveau régime a aboli cette règle et le montant en pension alimentaire n’est plus imposable. Cela est valable autant pour le parent qui doit payer la pension que pour le parent qui la reçoit.   

Il est toujours utile de se référer à un professionnel juridique pour répondre à vos questions sur la pension alimentaire, car le calcul de la pension alimentaire demeure complexe et peut varier d’une situation à l’autre.  

EN RÉSUMÉ 

  • Jusqu’à quel âge doit-on payer une pension alimentaire pour enfants au Québec ? 

Le versement d’une pension alimentaire pour un enfant ne prend pas nécessairement fin lorsqu’il atteint sa majorité. En effet, il est possible qu’il soit exigé à l’un des parents de continuer à payer une pension lorsque l’enfant majeur n’est pas autonome et n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins complètement. 

  • La pension alimentaire pour enfants est-elle imposable ou déductible d’impôt ? 

Le montant en pension alimentaire pour enfants n’est pas imposable. Cela est valable autant pour le parent qui doit payer la pension que pour le parent qui la reçoit.   

  • Que faire si mon ex-conjoint refuse de payer la pension alimentaire ? 

Dans un contexte familial complexe, la médiation se révèle être la solution efficace pour aider les parents à parvenir à un accord. Cependant, si la médiation s’avère un échec, il sera possible de s’adresser aux tribunaux. 

  • Peut-on modifier le montant de la pension si mes revenus diminuent ? 

Oui, il est possible de modifier le montant de la pension en fonction des nouveaux revenus. Si l’autre parent est en accord pour recalculer les paiements de la pension alimentaire, il est possible de parvenir à un accord à l’amiable afin de simplifier les procédures. S’il n’est pas d’accord, il faut s’adresser aux tribunaux. Dans les deux cas, il est crucial que cette entente soit entérinée par un tribunal. 

  • Comment fonctionne le service de perception de Revenu Québec ? 

Pour tout comprendre le service de perception de Revenu Québec, consultez leur site :  

https://www.revenuquebec.ca/fr/pensions-alimentaires/sinformer-sur-les-pensions-alimentaires/a-quoi-sert-le-programme-de-perception-des-pensions-alimentaires
  • La garde partagée 50/50 élimine-t-elle la pension alimentaire ? 

La pension alimentaire peut être exigée lorsque la garde des enfants est partagée. Dans ce cas-ci, c’est effectivement le parent qui a le plus haut salaire qui doit habituellement verser une pension au parent avec un salaire plus bas pour s’assurer que les besoins des enfants soient comblés également dans les deux foyers. De ce fait, c’est la loi qui exige que les parents contribuent aux besoins de leurs enfants activement et de manière équitable. 

Écrit par : Me Isabelle Chatigny

Me Isabelle Chatigny

Avocate associée et médiatrice familiale

À lire sur le sujet

Recevez nos meilleures analyses une fois par mois.