23 octobre 2025

Droit commercial et des sociétés

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La fusion ou l’acquisition d’une entreprise est une étape déterminante dans la vie d’une organisation. Qu’il s’agisse de vendre une entreprise, d’en acquérir une autre ou de regrouper des activités, ces opérations comportent des enjeux financiers et juridiques importants. Au Québec, l’avocat en fusion et acquisition joue un rôle central pour structurer la transaction, réduire les risques et sécuriser le résultat, tant pour l’acquéreur que pour le vendeur. 

Mais quel est le rôle concret de l’avocat dans les étapes d’une fusion ou d’une acquisition au Québec ? Ce processus est souvent perçu comme complexe, il y a donc lieu de démystifier sa fonction et son importance lors d’une fusion ou d’une acquisition d’entreprise.   

Cadrer l’opération et la stratégie 

Dès le départ, l’avocat aide son client à clarifier ses objectifs : souhaite-t-il maximiser le prix de vente, assurer la continuité de l’entreprise, limiter sa responsabilité future ou accélérer le calendrier ? À l’inverse, l’acquéreur cherchera souvent à réduire les risques et à s’assurer que l’entreprise visée correspond réellement à ses attentes et ses intentions.  

Concrètement, l’avocat : 

  • définit le périmètre de la transaction (ce qui est inclus ou exclu) ; 
  • établit un calendrier réaliste avec les étapes clés et les critères de succès ; 
  • identifie les principaux risques juridiques et fixe les positions de négociations plancher/plafond sur le prix et les garanties ; 
  • fixe les marges de négociation acceptables sur le prix, les garanties et les indemnités. 

Il agit également comme chef d’orchestre en coordonnant les fiscalistes, les comptables et les institutions financières afin d’assurer une cohérence entre la stratégie, la structure juridique, le financement d’acquisitionet l’échéancier. 

Architecture juridique et fiscale 

L’une des décisions les plus importantes consiste à choisir la structure de la transaction. L’avocat conseille son client sur les avantages et inconvénients d’un achat d’actions comparativement à l’achat d’actifs ou la fusion, notamment. 

Chaque option engendre des conséquences différentes en matière de responsabilité, de fiscalité et de transfert des contrats. Par exemple, un achat d’actions implique souvent la reprise des obligations passées de l’entreprise, tandis qu’un achat d’actifs permet parfois d’exclure certains passifs, ce qui pourrait être avantageux. 

L’avocat conseille également son client sur les mécanismes financiers à prendre en considération dans la transaction : l’ajustement de prix, earn-out (complément de prix conditionnel), les retenues ou les comptes en entiercement. Ces outils servent à ajuster le prix après la transaction ou à protéger une partie contre des risques futurs, selon des méthodes de calcul claires et vérifiables. 

Autre point important, l’avocat va encadrer la gouvernance transitoire, les pouvoirs de signature et la continuité opérationnelle. 

Due diligence et solutions 

La vérification diligente juridique (due diligence) est une étape clé. Elle consiste à vérifier la situation réelle de l’entreprise cible. L’avocat analyse notamment : 

  • les titres et registres corporatifs ; 
  • les contrats importants ; 
  • les litiges en cours ou potentiels ; 
  • les questions de ressources humaines ; 
  • la propriété intellectuelle ; 
  • la conformité sectorielle et environnementale. 

Lorsque des problèmes sont identifiés, l’avocat cherche des solutions concrètes : corrections avant la transaction, conditions suspensives, ajustement du prix ou garanties spécifiques. Chaque risque est ainsi relié à un mécanisme contractuel précis. 

Difficultés à prévoir   

Certaines difficultés reviennent fréquemment en pratique : 

  • des clauses de changement de contrôle exigeant des consentements tiers ; 
  • des passifs latents en matière fiscale, d’emploi ou d’environnement ; 
  • des registres corporatifs incomplets ; 
  • des sûretés non radiées ou des licences manquantes. 

L’avocat s’assure que ces éléments soient identifiés et réglés avant la conclusion de la transaction, afin d’éviter des surprises coûteuses après la clôture. 

Lettres d’intention et term sheet (sommaire des modalités essentielles) 

La lettre d’intention est souvent la première étape formelle d’une transaction. Bien qu’elle ne soit pas toujours entièrement contraignante, elle encadre des aspects essentiels : l’exclusivité, la confidentialité, le calendrier, les conditions suspensives et le périmètre de la diligence. 

L’avocat veille à limiter la responsabilité précontractuelle de son client et à prévoir des mécanismes de sortie clairs si la transaction ne se concrétise pas. 

Contrats définitifs et allocation des risques 

L’avocat rédige et négocie les contrats définitifs, comme la convention d’achat d’actions ou la convention d’achat d’actifs. Ces documents précisent notamment : 

  • les actifs et passifs transférés ; 
  • les déclarations du vendeur ; 
  • les garanties et indemnités ; 
  • les plafonds, délais et procédures de réclamation. 

Ils documentent également les mécanismes d’ajustement de prix, tels que la dette nette ou le fonds de roulement, et prévoient des moyens de régler les différends sans recourir inutilement aux tribunaux. 

Financement et approbations 

Lorsque la transaction est financée, l’avocat négocie la documentation bancaire : les conditions de crédit, les sûretés, les engagements financiers et le calendrier de décaissement. Il s’assure également que toutes les autorisations requises soient obtenues, qu’elles soient liées à la concurrence ou à un secteur réglementé. 

Aussi, il s’assure de coordonner la libération des sûretés existantes et les tests de solvabilité avant le transfert. 

Clôture de la transaction (closing) et intégration post-acquisition (100 jours) 

Au moment de la clôture de la transaction (closing), l’avocat vérifie que toutes les conditions sont remplies : les résolutions, les certificats, les quittances, les signatures et les paiements. Son rôle se poursuit souvent après la transaction, notamment lors de l’intégration post-acquisition. 

Il aide à mettre en place la gouvernance, à harmoniser certaines pratiques internes et à suivre les réclamations liées aux garanties, généralement selon un plan d’action couvrant les 100 premiers jours. 

À retenir  

Une fusion ou une acquisition ne se limite pas à une question de prix. Elle exige une analyse rigoureuse, une négociation structurée et une gestion proactive des risques. L’avocat en fusion et acquisition agit à la fois comme stratège, négociateur et gardien de la conformité juridique. 

Planifiez une revue fusion et acquisition (M&A) 360° pour cadrer la structure, les risques et le calendrier, ou confiez la négociation et la due diligence à notre cabinet afin de sécuriser chaque étape de votre transaction. 

Pour aller plus loin  

Comment choisir entre un achat d’actions et un achat d’actifs sans accroître le risque après la clôture de la transaction? 

Un achat d’actions implique plus souvent la reprise des obligations passées de l’entreprise, tandis qu’un achat d’actifs permet parfois d’exclure certains passifs, ce qui pourrait être avantageux. 

Quels mécanismes d’ajustement de prix protègent le mieux en cas d’écarts de fonds de roulement? 

La retenue sur le prix, le compte en entiercement et les clauses d’ajustement post-cloture basees sur le fonds de roulement ou la dette nette sont les plus courants.

Quand une assurance représentations et garanties s’avère-t-elle pertinente et avec quelles limites? 

Elle est pertinente quand le vendeur veut une sortie nette ou quand l’acquereur veut une protection au-dela des plafonds negocies. Elle exclut generalement les faits connus et les enjeux environnementaux.

Que faire si un consentement tiers critique retarde la transaction à la veille de la clôture de la transaction? 

Pour éviter de retarder la transaction, l’avocat doit plutôt s’assurer en amont que ces éléments soient identifiés et réglés avant la conclusion de la transaction, afin d’éviter des surprises coûteuses après la clôture.  

Quelles clauses réduisent le risque de passifs latents découverts après la clôture ? 

Les declarations et garanties du vendeur combinees a des clauses d’indemnisation avec delais de notification et plafonds de reclamation definis dans la convention d’achat.

Comment organiser une data room et une traçabilité probante pour accélérer la diligence et la signature ? 

Une data room virtuelle securisee, indexee par categories, avec controles d’acces et outil de questions-reponses integre pour assurer tracabilite et confidentialite.

Écrit par : Me Lysanne Richard

Me Lysanne Richard

Avocate

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